Du 27 août au 4 septembre 2026, l’équipe du projet Vin’Eau s’est rendue dans plusieurs caves coopératives du Vaucluse à l’occasion d’une nouvelle campagne de visites de terrain, cette fois-ci en pleine période de vendanges.
Après les premières visites réalisées hors vendanges, l’objectif était désormais d’observer les caves au pic de leur activité : réception des raisins, pressurage, transferts des moûts, préparation à la vinification, filtration, refroidissement et nettoyages successifs des équipements.
Observer les consommations d’eau au pic de l’activité des chais
La première campagne de visites avait permis d’établir un état des lieux du fonctionnement des caves pilotes, de leurs équipements, de leurs pratiques et de leurs consommations annuelles d’eau.
Pendant quelques semaines, l’activité des caves change complètement de rythme. Les équipements de réception et de pressurage fonctionnent quotidiennement et nécessitent des nettoyages réguliers. Les opérations de préparation des moûts à la vinification s’enchaînent, tandis que des opérateurs saisonniers viennent renforcer les équipes de cavistes présentes le reste de l’année.
Cette période concentre une part importante des usages d’eau liés au fonctionnement des caves.
Cette nouvelle campagne avait donc un objectif principal : passer des estimations établies hors vendanges à une observation approfondie en conditions réelles d’exploitation.
Pour cela, l’équipe du projet a accompagné les opérateurs pendant une journée sur chaque cave pilote afin de suivre les principaux postes de consommation et de comprendre précisément comment l’eau intervient dans les différents procédés.
Chronométrer, mesurer et comprendre les pratiques
Au-delà des échanges avec les cavistes et les responsables de site, cette campagne s’est concentrée sur la réalisation de mesures directement sur le terrain. Plusieurs méthodes complémentaires ont été mobilisées :
- chronométrage des différentes opérations de nettoyage ;
- mesures ponctuelles des débits aux postes de lavage ;
- relevés de compteurs à différents intervalles de temps ;
- estimation des volumes mobilisés lors de certaines opérations ;
- localisation et quantification de pertes d’eau ou de consommations potentiellement évitables.
Une attention particulière a évidemment été portée à la réception de la vendange, aux pressoirs, aux cuves ainsi qu’aux différentes voies de transfert des raisins et des moûts. Les opérations de pousse à l’eau, utilisées notamment pour assurer le transfert des derniers raisins, moûts ou jus restant dans certaines canalisations, ont également été observées avec précision.
D’autres usages de l’eau associés à la filtration, au refroidissement ou au rinçage des équipements ont également été étudiés.
L’objectif n’était pas seulement de mesurer des volumes, mais aussi de comprendre pourquoi et dans quelles conditions l’eau est utilisée, afin d’identifier les paramètres sur lesquels il sera possible d’agir.
Échanger avec les opérateurs en temps réel pour identifier les leviers d’action et capitaliser les bonnes pratiques
L’observation des usages directement au contact des cavistes, permanents comme saisonniers, constitue un élément essentiel de cette deuxième campagne de visite
Suivre une opération au moment où elle est réalisée permet non seulement de mesurer les consommations, mais aussi d’échanger avec l’opérateur sur la raison d’une pratique, les contraintes auxquelles il doit répondre et les améliorations qu’il considère lui-même comme envisageables. Ces échanges permettent de distinguer les consommations réellement nécessaires au procédé de celles sur lesquelles une marge d’optimisation pourrait exister.
Certaines pistes d’amélioration peuvent nécessiter des investissements ou des modifications d’équipements. D’autres peuvent au contraire résulter d’évolutions beaucoup plus simples : adaptation d’une procédure, utilisation d’un matériel de lavage mieux adapté, réduction d’un débit, …
Les visites permettent également d’identifier des bonnes pratiques déjà mises en œuvre par certaines équipes : récupération d’eau, limitation d’un écoulement, optimisation d’une séquence de rinçage, adaptation d’un équipement ou organisation particulière d’une opération.
L’un des objectifs du projet Vin’Eau est justement de capitaliser sur ces retours d’expérience, puis d’étudier dans quelles conditions les pratiques les plus pertinentes pourraient être adaptées et reproduites sur d’autres sites.
Prochaine étape : co-construire le plan d'actions avec les caves pilotes
Avec cette campagne réalisée pendant les vendanges, une étape importante du diagnostic des caves pilotes touche désormais à sa fin.
Les données collectées lors des premières visites puis pendant cette période de forte activité vont maintenant être croisées avec les consommations annuelles, les caractéristiques des équipements et l’ensemble des pratiques observées sur les différents sites.
L’objectif est désormais de transformer les constats et les mesures réalisées sur le terrain en actions concrètes d’économie d’eau adaptées à chaque cave.
Chaque action sera analysée au regard de son potentiel d’économie d’eau, de sa faisabilité technique et organisationnelle, de son coût ainsi que des contraintes propres à chaque site.
Les solutions seront ensuite hiérarchisées afin de construire, avec chaque cave pilote, un plan d’action opérationnel précisant les actions à engager, leur niveau de priorité, les moyens nécessaires et leur calendrier de mise en œuvre.
Le projet Vin’Eau entre ainsi progressivement dans une nouvelle phase : après avoir observé, compris et mesuré, il s’agit désormais de proposer, prioriser et planifier les actions permettant de réduire durablement les consommations d’eau dans les chais.
Remerciements
La Fédération des Caves des Vignerons Coopérateurs de Vaucluse remercie l’ensemble des caves et des équipes ayant participé à cette campagne.
En pleine période de vendanges, leur disponibilité a été particulièrement précieuse. L’accès aux installations, l’observation des opérations en conditions réelles et le partage transparent des pratiques permettent au projet Vin’Eau de s’appuyer sur les réalités opérationnelles des caves.
Ces observations constituent une étape indispensable pour construire des solutions réalistes, adaptées aux contraintes des établissements et, à terme, diffusables plus largement auprès de la filière vinicole.
En remerciement appuyé également à l’Agence de l’Eau Rhône-Méditerranée-Corse, financeur du projet, dont le soutien rend possible cette démarche territoriale ambitieuse et structurante pour la filière vinicole vauclusienne.